Les origines du conflit

L’histoire du Fort Ingall prend racine lors de la Guerre de l’Aroostook (1838-1839), un conflit tendu lié à la délimitation de la frontière entre l’Empire britannique et les États-Unis.

Le lac Témiscouata représentait un tronçon vital, celui d’une voie navigable et terrestre stratégique entre le Fleuve Saint-Laurent et la Baie de Fundy, rendant le territoire prisé par les deux puissances.

Historique du Fort Ingall

Dr Jean-Étienne Landry

Dr Jean-Étienne Landry (1815–1884)

Le docteur Jean-Étienne Landry fut le premier médecin en poste au Fort Ingall.

Lieutenant Frederick Lenox Ingall (1795-1869)

Lieutenant Frederick Lenox Ingall (1795-1869)

Lieutenant de l’armée britannique et ingénieur millitaire ayant supervisé la construction du Fort Ingall.

La construction (1839)

Face à l’escalade des tensions et aux mouvements de troupes américaines, l’armée britannique a érigé le Fort Ingall en 1839 pour sécuriser ce passage stratégique en plus de construire d’autres forts sur la voie de navigation.

Le Fort Ingall, nommé en l’honneur d’un officier de l’époque, était composé de casernes, d’un corps de garde, d’un magasin à poudre et d’autres bâtiments nécessaires à la vie d’une garnison. 200 soldats pouvaient y vivre.

Dessin de Dr William Ord Mackenzie, médecin au Fort Ingall en 1840.

Dessin de Dr William Ord Mackenzie, médecin au Fort Ingall en 1840.

Plan du Fort Ingall vers 1840.

Plan du Fort Ingall vers 1840.

William Ord Mackenzie (1815–1898)

Le docteur William Ord Mackenzie fut médecin à Rivière-du-Loup, puis au fort Ingall en 1840. De 1830 à 1843, il a rédigé de nombreux journaux où il consignait les faits de son quotidien et celui de ses contemporains. Ses carnets sont garnis de nombreuses illustrations et cartes, dont celles affichées ici.

Abandon et reconnaissance

Après la signature du Traité Webster-Ashburton en 1842, qui a réglé le différend frontalier, le poste militaire a rapidement perdu son utilité et a été abandonné vers 1860. Les bâtiments sont tombés en ruine ou ont été utilisés pour le bois d’œuvre pour la construction de bâtiments dans le village (Cabano).

Cependant, dans les années 1970 et 1980, grâce à l’effort concerté de passionnés d’histoire, le fort a été reconstruit fidèlement à son emplacement original. Il a ouvert ses portes en tant que site d’interprétation historique, permettant aux visiteurs d’aujourd’hui de se reconnecter avec cette période fascinante de l’histoire.

Le site est depuis géré par la Société d’histoire et d’archéologie du Témiscouata, anciennement nommée la Société historique de Cabano.

Reconstruction du Fort Ingall vers 1970.

Reconstruction du Fort Ingall vers 1970.

Reconstruction du Fort Ingall vers 1970.

1974 – Même si les trois premiers bâtiments sont reconstruits en 1973, en 1974 on les termine en y installant l’électricité et des fenêtres et on y construit des foyers en pierres des champs. Des démarches sont alors prises pour faire reconnaître le Fort Ingall comme un site historique. Au même moment, divers devis sont produits pour la reconstruction des latrines, du commissariat et d’une partie du système défensif (Photographie : Archives du Fort Ingall).

Reconstruction du Fort Ingall vers 1970.

1977 – La Société a pour projet de terminer la reconstruction du fort pour 1980. On prévoit la reconstruction du commissariat, de la cuisine et de la boulangerie en 1978, de bâtir la cabane à canots, d’installer les quais et d’aménager la berge en 1979 et de reconstituer la poudrière, le quartier des officiers et les latrines en 1980

Reconstruction du Fort Ingall vers 1970.

1973 – Les ouvriers s’affairent à installer les charpentes des toits. Comme c'était le cas à l'époque, les pièces de ces charpentes sont sciées et non équarries. Ces pièces sont assemblées avec la technique des tenons et mortaises

Reconstruction du Fort Ingall vers 1970.

1967 - Arpentage du site du Fort Ingall par Monsieur Jean-Paul Caron. 1967 fut la première année de recherche sur le site du Fort Ingall. La Société ne disposait que de 75 $ pour la documentation, l'arpentage du terrain, les sondages archéologiques, les plans de localisation et le rapport préliminaire. Les résultats démontrent que l'emplacement est bel et bien celui du Fort Ingall, mais l'arpentage révèle que plus du quart du site est désormais occupé par le nouveau cimetière de Cabano...

Reconstruction du Fort Ingall vers 1970.

1973 – La société embauche Monsieur Cornelius Kirjan pour effectuer les fouilles archéologiques nécessaires afin de situer précisément les trois dortoirs du Fort Ingall. En plus d’un archéologue, la société embauche un historien, un ethnologue, ainsi que des étudiants et des journaliers pour effectuer les fouilles. Les fouilles permettent alors de découvrir, en plus des fondations des anciens bâtiments, de nombreux objets : porcelaine, bouteilles, pipes en plâtre et insignes militaires

Reconstruction du Fort Ingall vers 1970.

Travaux d'archéologie au Fort Ingall.

Reconstruction du Fort Ingall vers 1970.

Travaux d'archéologie au Fort Ingall.

Reconstruction du Fort Ingall vers 1970.

1974 – Les fouilles de 1974 permettent de découvrir de nombreux objets.

Reconstruction du Fort Ingall vers 1970.

1974 – Les fouilles de 1974 permettent de découvrir de nombreux objets. Sur cette image, vous pouvez voir une semelle de soulier, une perle qui ornait autrefois une bague, la tête et le corps d’une minuscule poupée de porcelaine, un fragment d’insigne militaire et quelques boutons, dont un bouton de tunique militaire complètement à droite

Reconstitution historique

Au Fort Ingall, la reconstitution historique occupe une place centrale dans l’expérience de visite.

Nos guides-soldats incarnent les militaires du 24ᵉ régiment d’infanterie britannique tels qu’ils se présentaient vers 1839, époque des tensions frontalières dans la région.

Découvrez comment la reconstitution historique est mise à l’honneur au Fort Ingall.

Visite guidée au Fort Ingall